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Sora et Nil à contre-courant (tome1), de Sam Chardo

 

« À l'occasion du lancement de Sora et Nil - Tome 1 : À contre-courant, focus sur un univers où l'équilibre entre survie et rapports de force s'avère un exercice difficile. Ce premier tome pose les bases d'une confrontation idéologique et humaine profonde. Pour débuter notre échange autour de cette œuvre...

La psychologie des personnages

Le poids de la responsabilité : Sora devient alpha malgré elle pour protéger les siens, alors que Nil a été formé très jeune pour incarner l'autorité. Comment la solitude du pouvoir pèse-t-elle sur chacun d'eux ? 

Sora s’isole sous la charge, s’oublie progressivement. Au fur et à mesure qu’elle se fatigue, elle va être confrontée à une lutte contre sa nature lupine. Durant ce tome 1, son apprentissage est le soin de soi, chose qu’elle va comprendre tardivement.

Nil est dans une maîtrise presque absolue de ses émotions au début. Les doutes vont créer chez lui une faille qui va s’agrandir et lui faire perdre cette maîtrise. Il croit aimer la solitude, mais en réalité c’est un refuge, car au fond de lui, il sait que quelque chose ne va pas dans le code. 

 

Est-ce qu'on le vit de la même manière quand on agit par devoir ou par pur conformisme ?

Dans Sora et Nil, je cherche à distinguer le devoir, qui pousse un personnage à agir malgré le coût personnel, du conformisme, qui consiste à appliquer une règle sans plus interroger son sens.

 

Le choc des certitudes : Nil arrive avec ses règles et son code, mais Sora balaie tout ça en remettant en cause le sens même de sa mission. Qu'est-ce qui est le plus dur à encaisser pour Nil à ce moment-là ? Réaliser que son autorité ne fait pas peur, ou qu'elle n'a tout simplement aucun sens pour ces rescapés ?

Alors, ni l’un ni l’autre, c’est vraiment le fait de ne pas avoir prise sur une situation. C’est le fait de se retrouver face à une autorité simplifiée qui fonctionne sans que la loi du plus fort soit appliquée. C’est le fondement même sur lequel repose son éducation qui se fissure. Sora ne reconnait pas la légitimité de son autorité. Elle met en avant le fait que le code moral qu’il connait n’est pas unique ni absolu. Ce qui rend le tout vraiment indigeste, c’est de réaliser qu’il n’a, et n’aura jamais d’impact sur son fonctionnement. 

 

L'univers et ce qu'il raconte

Le mythe du loup revisité : Dans l'imaginaire collectif, la meute et l'alpha évoquent souvent la loi du plus fort. Ici, vous mêlez cela à un "Conseil européen" très bureaucratique. Qu'est-ce que cette opposition vous permettait de raconter sur notre propre société et notre rapport aux règles ?

Je m’intéresse davantage à la manière dont certains groupes finissent par vouloir faire entrer les individus dans un modèle commun, plutôt que de construire un cadre capable d’accueillir leurs différences. On y parle d’inclusion adaptée, sans prendre position de genre ou d’idéologie. L’idée est vraiment de permettre la (re)construction de l’individu, en tenant compte de ses valeurs et de ses forces, tout en acceptant la différence dans toute sa multitude. 

 

Vivre en marge : La meute de Sora fonctionne au respect et à l'entraide, loin des lois du Conseil. Est-ce que vous pensez que pour rester humain et solidaire face à un système oppressif, il faut forcément réinventer sa propre micro-société en marge du monde ?

J’en doute. Il semble certes difficile de remodeler une société avec un fonctionnement établi, mais il est parfaitement possible de vivre dans un respect mutuel et dans la solidarité à son échelle. C’est probablement utopiste de ma part, mais je suis convaincue que de commencer par agir là où on a de l’impact direct peut modifier les comportements. Et je pense que nous devons montrer l’exemple aux générations à venir. 

 

L'écriture et la suite

• Éviter le piège du "gentil contre le méchant" : Avec deux visions aussi opposées, il est facile de tomber dans le noir ou blanc. Comment avez-vous travaillé le personnage de Nil pour qu'on comprenne sa rigidité, sans pour autant en faire le grand méchant de l'histoire ?

Nil est pour moi l’un des personnages qui évolue le plus dans le tome 1. Il se prépare à un conflit interne de taille, mais on est loin d’une opposition noir/blanc à laquelle on peut s’attendre. Sa position n’est pas une posture figée entre le début et la fin du tome 1, et de très loin. Ce qui est intéressant avec lui, c’est justement cette évolution et la prise de conscience qui va avec. 

 

• Le mot de la fin : Ce premier tome s'appelle À contre-courant. Si vous deviez choisir un seul mot pour résumer la direction que va prendre la relation entre Sora et Nil dans la suite, ce serait lequel ? »

Improbable.

Et je peux vous donner une information, parce que cela s’est fait malgré moi, dans un moment de vie. Le tome 2 s’appellera « À contre-cœur »

Concernant les liens, il y a celui qui pointe sur mon site pour les précommandes

https://samchardo.ch/sora-et-nil

et celui d'amazon où il est également possible de précommander l'eBook

 amazon.fr/dp/B0H17YXV28

 

 

 

 

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