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Rencontre avec Margret Schauenburg fondatrice de Early in the Morning

Il est des univers qui semblent suspendus dans le temps, capturant la lumière douce et la promesse des premières lueurs du jour. C’est précisément ce sentiment de sérénité que cultive Margret Schauenburg à travers son studio de création, Early in the Morning.

Spécialisée dans le design textile et la confection d'objets artisanaux, elle privilégie les matières nobles et naturelles pour donner vie à des pièces qui célèbrent la beauté de l'imperfection. À travers un esthétisme épuré et une quête constante d'authenticité, elle transforme les objets du quotidien en véritables poèmes visuels. Nous avons eu le plaisir de l'interroger sur les coulisses de son atelier et sur ce qui anime sa créativité dès l'aube."

Le calme de l'aube : la genèse

Question : Le nom de votre marque évoque un moment suspendu. Pouvez-vous nous parler de la naissance d'Early in the Morning et de ce qui vous a poussée à créer si tôt le matin ?

 

« Early in the Morning est né assez simplement. À une période de ma vie, je me suis mise à me réveiller très tôt, souvent vers quatre heures du matin. Disons que les nuits changent un peu avec l’âge… alors au lieu de regarder le plafond, j’ai commencé à coudre.

 

Dans ma famille, les activités manuelles ont toujours fait partie de la vie quotidienne. J’ai appris très tôt à coudre, tricoter et bricoler, donc ce n’était pas un territoire inconnu. Un matin, je me suis dit : "Tiens, je vais essayer de faire un sac". J’y suis arrivée… alors j’en ai fait un autre, puis des trousses. Ma marque est née comme ça : parce qu’il fallait bien occuper ces heures-là. »

 

L’exigence du détail et des matières

Question : On parle beaucoup de "slow living" aujourd'hui. Quelle importance accordez-vous à la simplicité et au choix des textures dans vos créations ?

 

« Pour être honnête, je ne réfléchis pas tellement en concepts. En revanche, j’aime les choses bien faites. Les belles matières, les objets simples mais soignés, ceux qu’on utilise tous les jours mais qui ont quelque chose en plus.

 

Je suis assez sensible aux détails. Une texture, une association de tissus, une finition… ce sont souvent ces petites choses qui font toute la différence. J’essaie surtout de faire des objets utiles qui apportent un petit plaisir quand on les prend en main. »

 

Le défi de l'autodidacte

Question : Apprendre la couture seule demande une grande persévérance. Quels ont été vos plus grands défis durant cette évolution ?

 

« Mon plus grand défi a été d’apprendre la couture sérieusement. Comprendre la machine, les tissus, les épaisseurs… et surtout accepter que ça ne marche pas toujours du premier coup. Il m’est arrivé de découdre plus que de coudre !

 

J’ai tendance à chercher la perfection. J’aime que ce soit beau, propre, bien fini. Parfois je recommence plusieurs fois la même chose, mais quand le résultat est juste, ça en vaut la peine. »

 

La leçon de patience d'Ayud

Question : Au-delà de l'atelier, vous partagez votre vie avec votre cheval, Ayud. En quoi cette relation influence-t-elle votre vision de l'artisanat ?

 

« Ce qui nourrit beaucoup ma manière de voir les choses vient de mon cheval, Ayud. Elle m’a appris la patience. Avec un cheval, on ne peut pas tricher : il faut du temps, de la constance et accepter de recommencer.

 

Avec elle, j’ai vécu des moments où je pensais que certaines choses ne seraient jamais possibles. Et pourtant, en persévérant, on finit par y arriver. C’est une leçon que j’ai gardée pour la couture : continuer, même quand ce n’est pas parfait, et avancer petit à petit. »

 

 

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