Entretien avec Cyril Nghiem
Question 1 : Sur l'intrigue et le décor du nouveau roman
« Votre nouveau thriller, Le grand silence dans la montagne, se déroule dans le cadre feutré d'un collège privé international à Verbier. Comment est né le choix de ce décor montagnard, et en quoi ce huis clos alpin renforce-t-il l'atmosphère pesante de votre intrigue ? »
Cela faisait longtemps que je souhaitais planter le décor d’une de mes intrigues dans les Alpes valaisannes. Cette région me fascine et j’aime m’y ressourcer. Le choix de Verbier s’est ensuite imposé naturellement pour son caractère international : l’idée d’y installer un établissement scolaire prestigieux, accueillant des élèves venus des quatre coins du monde, me plaisait beaucoup.
Ce cadre offre aussi un contraste intéressant : les paysages grandioses et l’image chic de Verbier qui dissimulent des secrets et des drames. La montagne est magnifique, mais elle peut devenir oppressante quand elle enferme les personnages. C’est d’ailleurs pour cette raison que mon personnage principal, Jonas Chappuis, l’a si longtemps fuie.
Question 2 : Sur le nouveau protagoniste
« Après avoir suivi le détective Tom Shapley dans vos précédents ouvrages, vous confiez ici les rênes de l'enquête à Jonas, un personnage hanté par un drame survenu vingt ans plus tôt. Qu'est-ce qui vous a donné envie de changer de perspective et de construire votre histoire autour de ce personnage et de ses secrets de jeunesse ? »
Avec ce roman, j’avais envie de jongler entre deux époques : celle des années d’école, avec son lot de rumeurs et d’amitiés, et celle d’aujourd’hui, vingt ans plus tard, lorsque les personnages pensent avoir digéré – ou oublié – certains événements. C’est dans cette seconde temporalité que débute le récit, avec un nouveau drame. Le personnage de Tom Shapley étant trop jeune pour avoir connu ces deux périodes, j’ai décidé de confier le rôle principal à Jonas Chappuis, un homme tourmenté par un passé qu’il n’a jamais su élucider.
Pour celles et ceux qui se sont attachés à Tom Shapley, soyez cependant rassurés : je compte bien le retrouver pour de nouvelles aventures très bientôt !
Question 3 : Sur l'équilibre entre technologie et secrets du passé
« En tant qu'informaticien, vous intégrez souvent les dérives du virtuel et de la technologie dans vos intrigues. Dans ce roman, le suspense repose pourtant sur des secrets enfouis depuis deux décennies. Comment avez-vous articulé votre esprit cartésien de développeur avec une construction narrative basée sur les zones d'ombre du passé et les rancœurs humaines ? »
Que ce soit pour ce roman-ci ou pour l’un de mes précédents, j’aborde chaque projet de la même manière : à partir d’un plan d’écriture méticuleusement construit afin que chaque élément narratif trouve sa place au bon moment et soit cohérent avec l’ensemble. En cela, je suis convaincu que mon métier m’aide à structurer mes idées et à donner une architecture solide à mes récits.
Merci infiniment pour cet échange !