Domdidier au coeur du vivant : deux jours de partage au Festival du Film Vert
Vivre vingt ans à Domdidier, c’est connaître par cœur le chemin qui mène au Cycle d’orientation, mais c’est surtout savoir que ce lieu est bien plus qu’une école. Ce week-end des 20 et 21 mars, les couloirs du CO ont troqué leur routine scolaire pour une effervescence toute particulière. La 4e édition du Festival du Film Vert de la Broye y avait posé ses valises, et il suffisait de franchir la porte pour sentir que l'on n'était pas là pour une simple séance de cinéma, mais pour un moment de vie pur jus.
Le coup d’envoi du vendredi soir a tout de suite posé le décor. Dans la pénombre de la salle, on a plongé dans les réalités du travail avec Éclaireurs, avant de se laisser bousculer par le film de Vincent Verzat, Le Vivant qui se défend. Mais la magie de Domdidier opère vraiment quand la lumière revient. Voir des figures comme Julien Le Guet et Andrea Finger-Stich s’installer simplement parmi nous pour échanger, c’était fort. Pas de chichis, pas de grands discours d’experts distants : on s’est parlé en face, avec cette franchise broyarde qui nous caractérise. On a débattu de militantisme et d'avenir, tandis qu’à quelques pas, la BOB (Bibliothèque d'Objets de la Broye) rappelait avec simplicité que la solidarité commence souvent par un outil qu’on se prête entre voisins plutôt que d'accumuler chacun dans son coin.
Le samedi, l’ambiance a pris une autre dimension, transformant le CO en une véritable ruche citoyenne. C’était beau de voir les générations se croiser. D’un côté, le Repair Café tournait à plein régime. On y voyait des mains s’activer sur un vieux grille-pain ou une lampe qu’on refusait d’abandonner. C’est ça, l’esprit de chez nous : on soigne ce qui a encore une âme, on discute autour d'une pièce à ressouder, et on se rend compte qu'on a tous quelque chose à transmettre. Pendant ce temps, les éclats de rire des gamins s'échappaient des ateliers, eux qui venaient de s'émerveiller devant les aventures de la seiche Sepia ou du courageux chat Flow.
Ce qui restera de ce samedi, c’est cette proximité incroyable. On a voyagé du Jura avec Du Grand Val au Petit Val jusqu’aux confins de l’Inde avec Shimla, mais en gardant toujours les pieds bien ancrés dans notre terroir. Le film Devenir Paysan a particulièrement résonné ; ici, la terre, on sait ce qu'elle représente. On a senti cette émotion partagée dans les regards, cette prise de conscience que l'avenir se joue aussi dans nos campagnes. Entre deux projections, on prenait le temps de s'arrêter, de discuter d'un prototype de mobilité avec Dario Ciani ou simplement de refaire le monde devant un café.
En partant, on a glissé ce qu’on pouvait dans le chapeau. Ce geste de confiance, c'est l'ADN du festival : une culture libre, accessible à tous, qui ne demande qu'à être partagée. On est repartis dans la nuit de Domdidier avec le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'authentique, loin du virtuel et des algorithmes.
Domdidier a prouvé une fois de plus qu'elle est une terre d'accueil magnifique, capable de transformer un événement thématique en une grande fête de l'humain. On a déjà hâte de voir quelle graine le festival plantera l'année prochaine au village. D'ici là, on garde précieusement en mémoire ces échanges qui prouvent que, décidément, il se passe toujours quelque chose de beau au cœur de la Broye.