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Crissements, le nouveau livre de David Perrelet

1. L'origine de la tension et le choix du titre

« Le titre Crissements évoque d'emblée une sensation physique, un bruit agaçant ou une rupture soudaine (comme des pneus sur l'asphalte ou des pas dans la neige). Quel a été le point de départ de ce récit, et que symbolise ce titre pour vous dans l'économie générale de l'histoire ? »

Dans mon histoire, le crissement est clairement le son provoqué par les pneus sur l’asphalte.

Cela fait plusieurs années que je constate en effet à quel point la voiture est devenue aujourd’hui bien plus qu’un moyen de transport pour certains conducteurs. Elle semble représenter pour eux un objet pourvoyeur de fun et de sensations fortes, mais aussi un symbole de puissance, de pouvoir, de réussite et de séduction.

Ce qui m’a toujours frappé, c’est la facilité avec laquelle ces automobilistes sont capables de braver le code de la route pour laisser libre cours à leurs pulsions : rouler beaucoup trop vite, générer des nuisances sonores importantes, etc.

Ce qui me révolte, c’est évidemment le danger qu’ils représentent pour tous les autres utilisateurs de la route et pour celles et ceux qui subissent, jour et nuit, le « littering » sonore qu’ils produisent.

La genèse du roman, ce fut d’imaginer l’émergence d’un justicier qui frapperait ces fous du volant, là où la justice « traditionnelle » ne fait que les égratigner. 

2. L'ancrage et la rencontre avec Montsalvens

« Rejoindre les éditions Montsalvens n'est pas un choix anodin, tant la maison est reconnue pour valoriser des récits prenants avec une vraie sensibilité helvétique ou régionale. Comment s'est faite cette rencontre éditoriale et en quoi l'ADN de Montsalvens correspondait-il parfaitement à l'univers de Crissements ? »

Au moment où j’ai terminé d’écrire Crissements et que j’ai eu des retours très positifs de la part des proches à qui je l’avais fait lire, ma femme a pris les choses en main.

Avant même d’avoir lu le texte, elle s’est mise à la recherche d’une maison qui serait susceptible de l’éditer. Elle a entendu parler des éditions Montsalvens et de leur politique en matière de promotion des auteurs et des histoires du terroir.

Comme je suis romand et que l’histoire de mon livre se déroule dans la région genevoise, je me suis dit que ça collait parfaitement, d’autant plus pour la collection Vanil Noir, qui est précisément dédiée aux romans policiers.

C’est donc la première et seule maison à qui j’ai envoyé le texte, et ça a tout de suite matché !

C’est une chance pour moi d’avoir intégré une équipe aussi dynamique, organisée et sympathique. Ils font un travail de promotion extrêmement important pour mettre leurs auteurs dans la lumière.

3. La gestion du rythme et du suspense

« Écrire un roman qui cherche à faire "crisser" les certitudes du lecteur demande un sens aigu du dosage. Comment avez-vous travaillé la structure et le rythme pour maintenir cette tension constante sans jamais trahir la fin prématurément ? »

Je pense que j’ai écrit cette histoire en l’imaginant comme une œuvre audiovisuelle. Au début du livre, on suit trois arcs narratifs distincts qui se rejoignent ensuite pour tisser la trame du récit. J’ai donc effectué une sorte de travail de montage de chaque scène pour qu’elle s’intègre dans le tout, avec un rythme que j’ai vraiment voulu soutenu.

On retrouve aussi des effets narratifs qui font que certains éléments d’un arc restent en suspens pendant quelques chapitres et ne sont résolus que plus tard.

Les premiers retours que j’ai eus des personnes qui ont lu Crissements me font très plaisir, car ils disent qu’ils ont eu de la peine à lâcher le livre. C’est exactement ce que j’adore vivre moi-même en tant que lecteur, et c’est donc une grande source de satisfaction d’entendre ce feedback-là.

4. Le miroir tendu au lecteur

« Votre roman semble explorer les zones d'ombre ou les moments où le quotidien bascule. Quel genre de frisson ou de réflexion espérez-vous susciter chez le lecteur lorsqu'il refermera Crissements ? »

Le moment où le quotidien bascule, c’est un thème qui me fascine au plus haut point. L’idée que la plupart d’entre nous suivent, pendant toute leur vie, consciemment ou pas, une sorte de ligne droite qui les maintient dans un chemin de vie « normalisé » est une très grande source de réflexion pour moi. Il y a souvent des situations de mon quotidien dans lesquelles je me dis : « Tiens, si je faisais telle chose maintenant, ma vie changerait, dans la seconde, du tout au tout. »

Quand je me mets vraiment à réfléchir à cela, ça me donne le vertige, car je me rends compte à quel point j’ai suivi un tracé raisonnable jusqu’à ce jour, et je me dis également que ça a sans doute tenu à pas grand-chose.

Pour en revenir à mon roman, le tueur qui sévit en assassinant des jeunes chauffards est précisément un homme qui a fait, un jour, suite à certains événements bien précis, ce grand pas de côté qui l’a sorti de sa ligne.

Ça pourrait être n’importe qui.

Et c’est peut-être ça le message à retenir : on peut un jour être amené à faire un pas de côté. Et on peut un jour être confronté à quelqu’un qui l’a fait.

 

 

 

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